La vie est un combat

LA VIE EST UN COMBAT

       

Chers Frères, je vous écris cet article pour vous partager mes expériences personnelles.J’ai déjà presque fini deux ans à l’extérieur de mon pays bien aimé. C’est ma première expérience de vie dans une communauté internationale à l’extérieur. Ma communauté est formée de six nationalités : Congolais, Togolais, Kenyan, Béninois, Canadien et Malagasy. C’est vraiment une maison de formation internationale, là où je trouve joie et bonheur avec mes frères. Cependant, la vie missionnaire n’est jamais facile. Cela demande adaptation et abnégation. Même si je sens cela dur, je suis sûr que je deviendrai beaucoup plus mûr après cette expérience.

Le premier point que je partage avec vous est le premier pas que j’ai fait. C’était comme une étape touristique. Le lendemain de mon arrivée, frère Richard m’a montré le chemin et le centre où j’ai fait ma formation en langue anglaise. Pendant cette formation, j’ai eu l’occasion de découvrir Nairobi (Kenya) pendant mes temps libres, même si cela m’a coûté de l’argent et du temps. Mais je ne l’ai pas regretté. J’ai été fasciné par le plan de la ville. J’ai vraiment apprécié les places vertes en ville. J’ai réalisé que la culture et le développement vont main dans la main. Cela veut dire que le développement de la culture est un chemin de développement d’un pays.

La deuxième étape ce fut l’adaptation et la transformation. Dans cette étape, des défis sont venus dans ma vie. J’ai essayé de critiquer tout ce qui était autour de moi et de comparer avec mon pays bien aimé. Le riz et le poisson de la grande île m’ont beaucoup manqué, sans oublier les feuilles de manioc et la viande de cochon. Ils ont été remplacés par ugali, chapatti et Githeri. En plus, durant cette période, je suis tombé malade de nostalgie, spécialement les amis d’enfance. J’ai oublié tout ce qui était problème avec ma famille mais j’ai eu une parfaite image d’eux dans ma tête. Je les aime comme jamais je les avais aimés avant. Cependant, ces problèmes n’étaient pas très importants face à l’adaptation aux cultures et aux langues qui m’a demandé un grand effort. Je veux mettre l’accent sur le langage. C’est la clé de la communication

 et de l’adaptation. Sans connaître la langue et la culture d’un pays, il n’y a pas de vie possible. C’est pourquoi, je me suis efforcé d’apprendre la langue aussi vite que possible. Par conséquent, je me suis adapté à la culture, même si les gens se moquaient de moi. Finalement, j’ai réussi la grande étape de l’adaptation. Maintenant je sens les bienfaits de connaitre la culture et la langue même si je suis condamné à vivre toujours avec nostalgie. Je remecie à tous ceux qui me supportent, spécialement ma communauté, mes collègues et mes amis.

La troisième étape, ce fut le parcours académique. Saint Jérome a dit que the ignorance of the Scripture is an ignorance of God (l’ignorance de l’Ecriture Sainte est l’ignorance de Dieu). C’était la première phrase de mon professeur après les salutations du premier jour de notre classe. Cela signifie que je suis venu dans Hekima College university pour étudier et apprendre un discours sur Dieu. Ce discours sur Dieu doit prendre une place très importante dans notre vie et notre culture. Dans le milieu académique, on appelle cela inculturation et théologie contextuelle. Cela m’a beaucoup aidé à réfléchir à propos de la relation entre la vie chrétienne et ma culture. Cependant, j’ai trouvé que ‘Zanahary’ est Dieu et Jésus est ‘Namana[1], Havana[2] et Razambe[3]’ pour nous. Par conséquent, j’ai réalisé que l’évangélisation radicalise notre culture. Cependant, notre mission est de trouver qui est Jésus pour le peuple qui vit avec nous et pour qui nous prêchons. Cela signifie que l’Ecriture Sainte doit être lue dans notre contexte et nous devons connaître qui est Dieu par sa révélation dans notre vie quotidienne.

Ces expériences m’ont beaucoup aidé. Aussi, je veux encourager tous les assomptionnistes missionnaires qui travaillent loin de leur pays et leur partager ma devise : « il est fort notre Dieu ». Quoi qu’il arrive, Il nous appelle par notre nom et nous ne retournerons jamais en arrière. Acceptons de nous donner car le peuple voit que nous avons été appelés pour étendre le Royaume de Dieu. Travailler pour le Royaume n’est pas facile comme a – b – c - d. Nous devons regarder en face beaucoup de défis sur le chemin. Mais, « over all put on love »[4] (Col 3, 14). Et n’oubliez pas qu’il n’y a pas de vie sans problème. Dans la vie chrétienne il n’y a pas Pâques sans passer par le Vendredi Saint. La vie est un combat.

Auteur : Jean Pierre Radimilahy

Traduit par  Fr. Ludovic

 

[1] Namana= ami

[2] Havana= membre de famille

[3] Razambe = ancêtre

[4] Avant tout revêtez l'amour

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