L’importance de la vie fraternelle en communauté

TEMOIGNAGE DE VIE SUR L’IMPORTANCE DE LA VIE FRATERNELLE EN COMMUNAUTE         

   « La vie des Religieux Assomptionnistes sera une vie d’oraison et de recueillement en présence de Dieu ». Voilà ce que le Père d’Alzon notre fondateur nous dit. C’est vrai parce que, un des aspects de notre identité en tant que religieux, c’est la prière. Mais, j’ose affirmer aussi que sans la vie fraternelle authentique, notre vie communautaire devient un enfer. Voilà à quoi je voudrais attirer votre attention, vous chers lecteurs. La vie fraternelle a une place primordiale dans notre consécration. Elle est la pierre angulaire de la vie religieuse. Rien n’est possible sans elle.

               Inspiré par les Ecrits Spirituels de notre Congrégation, la Règle de Vie, la lettre du Père général et mon expérience personnelle, je décide de prendre ce thème sur la fraternité. Je peux dire beaucoup de choses en tant que témoignage de vie. Mais, ici, je voudrais m’arrêter sur l’importance de la fraternité dans la vie communautaire.

               Depuis mon arrivée ici au scolasticat de Manirisoa, j’ai pris comme devise une phrase tirée du psaume 132 qui dit : « Il est bon, il est doux pour des frères de vivre ensemble et d’être unis ». Pourquoi suis- je à l’aise et toujours content dans mon cheminement, dans ma communauté ? C’est parce que j’ai mis au premier rang la vie fraternelle. Peut-être, vous me direz que ce n’est pas la vie fraternelle mais la prière qui tient la première place dans notre vie. C’est vrai. Je ne suis pas contre ; mais je suis convaincu que sans la vie fraternelle, la prière ne sert à rien. Prière et vie fraternelle vont toujours ensemble parce que, comme dit Saint Jean dans sa lettre, celui qui prétend aimer Dieu mais déteste son frère est un menteur. Cela veut dire que la vie de prière doit se manifester dans le quotidien de notre vie avec les frères. La fraternité n’est pas une simple apparence; c'est-à-dire le vécu extérieur mais elle doit tendre vers le Christ. « Les hommes, dès qu’ils ne sont plus frères en Jésus-Christ sont des loups entre eux » (Cf., lettre du Père Général sur la fraternité p. 10).

Je ne suis pas tout à fait fort en apostolat avec les gens en brousse, là où nous allons les dimanches. Mais je suis vraiment convaincu que la communion ou la vie fraternelle  vécue dans la joie et l’amour est déjà un vrai apostolat. Mon premier apostolat c’est l’apostolat auprès de mes frères. Comment dire aux gens ou aux chrétiens qu’il faut s’aimer les uns les autres sans commencer par mes frères dans la communauté. Je pense que c’est un contre- témoignage si je suis capable de convertir les gens qui ne s’aiment pas, tandis que, dans ma communauté, je suis un frère insupportable aux yeux de tout le monde. L’écoute et le dialogue y sont des moyens inévitables. Pour moi, la fraternité me dispose à l’ouverture et à l’accueil des autres. Elle m’encourage également à pratiquer la correction fraternelle. C’est cette correction fraternelle qui est beaucoup recommandée dans la vie religieuse assomptionniste à cause de sa grandeur.

Ce n’est pas automatique de vivre la vie fraternelle. C’est un effort de tous les jours, comme notre Règle de Vie nous le demande. (R.V n°7) A ce propos, elle (la Règle) nous propose quelques moyens de vivre cette fraternité dans la vie quotidienne tels que les détentes, les repas communautaires, etc. (R.V n°9)

            Jouer ensemble est un signe extérieur que les frères s’aiment. Même si je ne suis pas un grand sportif, je reconnais que la présence dans ces détentes ou ces sports est très importante. Dans toute la journée, c’est seulement au moment du repas qu’on est ensemble. Donc, le repas communautaire est un moment capital pour écouter et dialoguer avec mes frères. Donc, profitons au moins de ces deux moments pour resserrer nos liens fraternels parce qu’en général, toute organisation communautaire ne vise que la vie fraternelle bien vécue.

             Bref, le pardon, l’écoute, le dialogue nous rendent capables de mener la vie fraternelle  sans beaucoup d’obstacles. Le pardon est quelque chose de très délicat dit le Père Général. Pourtant, il est nécessaire pour tout groupe humain. L’écoute mutuelle nous permet de savoir et de reconnaître l’importance des autres. Et le dialogue aide davantage à savoir ce que nous devons faire pour ne pas tomber dans l’erreur ou dans le regret.

              En conclusion, chers lecteurs, je vous encourage de prendre soin de votre vie fraternelle surtout dans la communauté, parce que « celui aime son frère demeure dans la lumière ».

Fr. Jean Paul a.a 

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