Être témoin du christ suppose un engagement et une détermination à vivre la miséricorde de Dieu

« L’Église, en ce moment de grands changements d’époque, est appelée à offrir plus fortement les signes de la présence et de la proximité de Dieu. Ce n’est pas le temps pour la distraction ». A prés avoir vivre avec faste l’année jubilaire de la miséricorde, le Pape nous invite à nouveau dans sa lettre Apostolique miséricorde et paix, de médité les paroles de l’Apôtre Paul dans sa lettre à Timothée avoir été le premier des pécheurs, mais « il m’a été fait miséricorde » (1Tm 1n16). Ses mots ont une grande puissance pour nous provoquer à réfléchir, nous aussi, sur notre existence, et pour voir à l’œuvre la miséricorde de Dieu qui change, convertit, et transforme notre cœur.

Avec une passion pastorale toujours renouvelée, rappelons-nous donc les paroles de une fois de plus de l’Apôtre « Dieu nous a réconciliés avec lui par le Christ, et il nous a donné le ministère de la réconciliation » (2co 5,18). C’est en vue de ce ministère que nous avons été pardonnés en premiers, faits témoins privilégiés de l’universalité du pardon. Aucune loi ni précepte ne peut empêcher Dieu d’embrasser de nouveau le fils qui revient vers lui reconnaissant s’être trompé mais décidé à recommencer au début.

Plus on devient des hommes d’action et de responsabilité dans une communauté, plus il faut devenir des hommes de contemplation. Si on ne nourrit pas sa vie affective profonde de la prière cachée en Dieu, si on ne passe pas du temps dans le silence, et si on ne sait pas prendre du temps avec ses frères pour vivre de leur présence et de leur tendresse, on risque de devenir amer et aigri. C’est uniquement dans la mesure où on nourrit son cœur profond qu’on peut garder cette liberté intérieur. Il est toujours bon pour l’être humain, pour les communautés ou pour les nations, de se rappeler que la réalité présente est issue des mille gestes d’amour ou de haine qui l’ont précédée. Ceci oblige à se rappeler que la communauté de demain est en train de naître à travers notre fidélité au présent. Nous sommes tous des petits êtres dans l’immense chaîne de générations qui constitue l’humanité. Nous sommes des êtres qui ne vivront que peu de temps, comparativement à l’histoire de l’humanité, au passé et à l’avenir. Cela nous aide à voir dans leur véritable perspective notre communauté par rapport à d’autres, par rapport à l’histoire et la place de choix dans la communauté. Nous découvrons alors que nous sommes à la fois peu de chose et très emportés parce que chacun de nos gestes est en train de préparer l’humanité de demain : c’est une toute petite pierre dans la construction d’une cité plus juste et plus heureuse, pour toute la famille humaine. Il y a une croissance extérieure, qui est plus ou moins une expansion ; il y a aussi des croissances intérieures, secrètes ; un enracinement plus profond dans la prière, en Jésus, plus d’amour et de pardon entre frères, plus de compassion et d’accueil. Ces croissances ne sont pas visibles, mais elles créent une atmosphère tangible : une joie plus lumineuse, un silence plus profond, une paix qui touche les cœurs et conduit à une véritable expérience de Dieu.

C’est dans cette logique que la communauté de la Sanfil s’est lancée au début de cette année communautaire 2016-2017. La communauté a connue quelques changements en rapport avec ses membres. Premièrement le départ de deux membres : le P. Pierre TOLLARD et le Fr. José Daniel à Fianarantsoa dans la communauté de MANIRISOA. De l’autre côté, il y a eu trois membres qui se sont ajoutés : le P. Jean Raphael comme supérieur de la communauté, P. Marco et le Fr. Pierre Chanel qui, n’a même pas fait deux semaines dans ladite communauté, est allé à Antananarivo pour garder le P. Maurice Laurent malade.

Fr. Eddy Giresse NDAMBU ZOLE